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16 rue Saint-Pierre
34000 Montpellier









NAS Architecture est une agence créée en 2014 par Hadrien Balalud de Saint Jean, Guillaume Giraud et Johan Laure à Montpellier. Cette association s’est formée dès nos études à l’Ecole Supérieure d’Architecture de Montpellier autour de nombreux concours d’architecture, stages et voyages. Sûrs de notre complémentarité et de nos envies communes, nous avons dès lors décidé de maintenir une architecture sans concession, réfléchie et éminement locale. Nous pensons que l’architecture doit, plus que jamais, offrir des dispositifs forts pour assumer les enjeux contemporains de la profession.






Equipe


Hadrien Balalud de Saint Jean - Architecte HMONP, co-gérant
 
Guillaume Giraud  - Architecte HMONP, co-gérant

Johan Laure - Architecte HMONP, co-gérant

Chloé Giardi - Assistante de direction

DISTINCTIONS


2018 - Prix Équerre d’Argent - Première OEuvre - Nominé - AMC, Groupe Moniteur
2018 - Prix 40 Under 40 - Lauréat - The Chicago Athenaum & The European Centre for Architecture Art Design and Urban Studies
2017 - Prix Architecture Occitanie - Mention - Maison de l’Architecture Occitanie Pyrénées
2017 - Zoom sur les Petits Projets en Occitanie - Lauréat - Maison de l’Architecture Occitanie Pyrénées
2015 - Europan 13 Adaptable city 2 - Lauréat - Europan Europe
2014 - Prix du design et de l’idée novatrice - Lauréat - Festival International des jardins de Chaumont sur Loire
2014 - Prix du Public et Prix du jury - Lauréat - Festival des Architectures Vives
2014 - Berlin Natural Science Museum - Lauréat - AWR competition Berlin




Résilience ordinaire dans le Sud de la France


La résilience ordinaire que nous mettons en avant dans ces récits sont des actes locaux et territoriaux. Ils sont ordinaires par leur ampleur et par la généralisation de leur situation : des bâtiments publics à la capacité ou aux aménagements obsolètes, dépassés par une démographie locale qui augmente et une nécessité sociale, politique et patrimoniale de rénover, agrandir et réidentifier ces lieux. Le Sud de la France à cela de spécifique qu’il représente une façon particulière d’habiter l’extérieur, une diversité riche de situations et de paysages mais également une réalité du métier d’architecte complexe où les coûts de construction bas rencontrent souvent l’hégémonie du style néo-provençal.

Nous développons une démarche depuis plusieurs années autour de la réhabilitation et plus spécifiquement en milieu scolaire. Dépassées par une croissance généralisée, nombres de communes se retrouvent avec des bâtiments inutilisés, inadaptés ou muséifiés en état statique entre attrait d’ouvrages neufs et limites budgétaires. L’acte de réhabiliter un bâtiment public est souvent un grand saut dans l’inconnu pour les Maîtrises d’Ouvrage. La prise de décision est parfois délicate et souvent politiquement risquée car il fait appel à la mémoire collective des habitants et le changement est toujours une étape envisagée par chacun de manière différente. Ces réhabilitations scolaires convoquent des souvenirs liés à l’enfance, à la nostalgie mais également au futur avec des croisements de génération et une certaine vision de ce que doit devenir l’éducation. Les projets se développent ainsi dans une constante ligne intangible entre respect de la mémoire et prospective. Les griefs sont logiquement moins forts lorsque la réhabilitation touche des bâtiments plus récents, le lieu n’y est pas encore sacralisé, et l’architecture souvent mal-aimée. En ce sens notre travail présente des réhabilitations sur des bâtiments aux différentes époques de construction (1990-1953-1880-1679) ainsi que notre lecture architecturale de chaque lieu.

La réhabilitation est souvent contrainte par l’espace disponible, l’architecture qui doit se développer est forcément atypique, non pas par son expressivité mais par le processus qu’il est obligatoire de mettre en place pour faire cohabiter les différentes entités. Suivant les situations le projet se doit d’être à l’écoute du lieu en empruntant plus au vocabulaire de l’aménagement paysager que du bâti pur et dur. La réhabilitation du Groupe Scolaire Louis Figuier - Victor Hugo en est un exemple concret. Presque aucun clos-couvert n’a été construit, nous nous sommes concentrés sur le travail du parcours par la modification en profondeur des flux et la stratification des programmes de façon à dégager de nouveaux espaces, de nouvelles surfaces de récréation et retrouver une ventilation naturelle. A contrario un projet tel que la Réhabilitation de l’Ecole primaire des Calades à Saint Gilles résulte de nombreuses discussions avec la Maîtrise d’Ouvrage. Le projet devait s’implanter dans une des deux cours de récréation existantes. Il nous paraissait plus opportun de travailler sur la verticalité en proposant une extension sur la toiture de façon à conserver les espaces extérieurs et ainsi liaisonner l’ensemble des salles de classe par un espace d’atrium. En plus d’amener de nouvelles qualités spatiales et thermiques, cela a permis de questionner l’existant et d’ouvrir une nouvelle strate de réflexion par la confrontation de deux architectures attenantes pensées à plus d’un demi-siècle d’écart.

Ces prises de positions portent également sur la matérialité qui s’engage dans chaque projet : le bois est utilisé pour sa légèreté, sa préfabrication et sa localité; Le métal est utilisé pour sa finesse, sa rapidité de mise en œuvre et sa flexibilité tandis que le béton est utilisé en ouvrage d’art pour ses propriétés mécaniques, sa pérennité et sa praticabilité en tant que sol. L’agence n’a pas d’écriture prédéfinie, le système constructif est issu du site et la réflexion qui lui est portée car la métamorphose à souvent comme point d’origine la recherche du sens d’un lieu et de son histoire. La plupart de nos interventions prennent place dans des bâtiments qui ont abrités précédemment un programme différent, adaptés de manière brutale à leur nouvelle fonction ou bien un établissement d’enseignement qui a évolué par à-coup. En résulte souvent une lecture brouillée du lieu et la perte de sa symbolique au profit d’une ergonomie poussive. C’est pourquoi nous travaillons d’abord nos projets par l’évidement et la porosité en redéfinissant sa hiérarchie pour le revaloriser.

Le climat Méditerranéenne est également un patrimoine commun avec lequel nous construisons ici. Par la modification de l’existant nous recherchons une architecture responsable et de bon sens avec la mise en place de moyens simples qui ont été largement développés avant nous sur ces territoires. En plus des interventions normées nous cherchons à fabriquer des lieux fondamentalement contextuels et locaux basés sur des espaces de seuils poreux, des ombres portées, une ventilation naturelle, des patios...
Nous pensons qu’une posture doit être éminemment assumée pour parvenir à extraire un nouveau récit cohérent, nous défendons fortement la valorisation d’un patrimoine contemporain qui questionne un lieu, permet de le redécouvrir et le transforme. Nous sommes contre la muséification à tout prix de l’architecture au même titre que la réhabilitation paresseuse. Chaque intervention doit développer des qualités spatiales au sein de ces établissements recevant de jeunes enfants. L’architecture se doit d’être, plus que nulle part ailleurs, un guide généreux et un écrin chaleureux d’une attention fine. L’espace doit à chaque fois être composé pour être attentif aux besoins et faciliter la sécurité de tous, autant pour les espaces intérieurs qu’extérieurs. Nous tenons à développer une architecture simple, claire et avec une vérité de matériaux. Nous pensons en ce sens qu’un environnement se suffit à lui-même à partir du moment où la lumière, le volume et la composition possèdent les qualités nécessaires à l’attention et l’éveil des enfants. L’harmonie doit se faire par le projet, ses qualités intrinsèques et sa faculté à raconter un récit. En ce sens il n’y a pas de petites histoires, chaque moment vécu doit l’être dans un environnement digne.

Tout espace mérite le respect d’avoir été et de devenir.